Le harcèlement

Le harcèlement est très médiatisé ces derniers mois, mais qu’en est-il concrètement ? la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile a amené des réponses à la conférence menée par la CSF.

A la différence d’un simple conflit, le harcèlement se présente comme une violence répétée, et accentuée au fil du temps, d’une ou plusieurs personnes envers une autre. Cette violence peut être verbale, physique, morale ou encore sexuelle. A ce jour, on considère qu’un élève sur 10 en serait victime, soit environ 700 000 élèves en France. Cela peut démarrer dès l’école primaire. Cela commence parfois par le jeu du « cap ou pas cap » : pour s’intégrer, ou ne pas être exclu, des jeunes vont se lancer des défis dangereux. On retrouve les jeux comme le « jeu du foulard », « le jeu de l’anniversaire », et notamment un des derniers « à la mode » : le « sel sous la glace » (ou « Salt and Ice Challenge ») qui provoque de très graves brûlures. Le harceleur est souvent un jeune qui cherche une reconnaissance auprès de ses camarades. Tant qu’il a des témoins, des personnes qui le suivent ou approuvent, il va continuer. C’est pourquoi il est important de dire à ceux qui sont témoins, parfois acteurs aussi pour rester dans le groupe, qu’ils doivent en parler pour arrêter la souffrance du harcelé, et qu’ils ont la capacité de dire « non ».

Le cyber-harcèlement, lui, permet à l’auteur de se cacher dans ce qu’il dit sur internet. Pour celui qui est harcelé, c’est d’autant plus difficile qu’il n’a plus aucun répit : même à la maison, sur l’ordi ou le téléphone, on continue à l’attaquer. Pour en sortir, il est important que les parents instaurent dès le plus jeune âge une relation d’échange avec l’enfant : demander comment la journée s’est passée par exemple. Il ne s’agit pas d’être intrusif, mais de créer un climat de confiance. Ainsi, plus tard, si l’enfant est en difficulté (victime, témoin,…), il pourra plus facilement en parler. Il faut également en parler avec les professionnels : école, collège, gendarmerie,…pour stopper ces situations au plus tôt.  Enfin, il faut rappeler que les actes de harcèlement sont des délits, sous le coup de la loi, et que le casier judiciaire d’un jeune ne s’efface pas automatiquement quand il devient majeur… contrairement à ce que beaucoup peuvent penser.

Prochaine conférence le jeudi 1er juin, autour de « l’autonomie de l’enfant ». Renseignements : 03 88 63 52 38.

Article : Axelle CLEMENT/Régis FALCO - Photo : Noëlle GOETZ