La dépouille d’un soldat mise au jour

Les restes d’un soldat allemand datant de la Seconde Guerre mondiale ont été découverts ces derniers jours dans un sous-bois sur le ban communal.

Les ossements ont été mis au jour et pris en charge par les représentants locaux du service d’entretien des sépultures militaires allemandes.

Les spécialistes estiment à 10 000 à 12 000 le nombre de dépouilles de soldats allemands tombés lors des deux grands conflits mondiaux du XXe siècle — et le même nombre de Français — non encore identifiées et ensevelies quelque part sur notre territoire. Les ossements mis aux jours en début de semaine dans un sous-bois situé sur le ban communal d’Oberhoffen-sur-Moder appartenaient à l’un d’eux. L’homme est vraisemblablement mort lors des combats qui ont marqué la libération du secteur par les Américains, en novembre 1944 ou en mars 1945. Le soldat allemand aurait été chargé de ralentir la progression des chars US. L’un d’eux aura répliqué à une attaque. L’obus a non seulement tué l’assaillant mais son impact a eu aussi pour effet d’ensevelir son corps dans ce secteur sablonneux. C’est en tout cas l’hypothèse retenue par Marc Uhlmann, chef d’équipe du service d’entretien des sépultures militaires allemandes (SESMA).

Prévenu par un anonyme

Financé par les autorités allemandes, le SESMA est chargé de récupérer les dépouilles des soldats décédés durant les deux conflits mondiaux, de les identifier et de les inhumer dignement dans le cimetière militaire le plus proche, en l’occurrence celui de Niederbronn-les-Bains où officie Marc Uhlmann. Le service a été alerté par un anonyme de la présence plus que probable d’une dépouille dans le secteur. En fait, selon le chef d’équipe, le corps a été découvert par des « collectionneurs », chercheurs d’objets militaires. « Ils ont dû utiliser un détecteur de métaux », avance Marc Uhlmann. Autrement dit, les lieux ont été dépouillés de tout ce qui peut être susceptible d’être revendu, via Internet ou dans des bourses militaires. « Nous avons pu récupérer uniquement les bottes », explique le représentant du SESMA.

Munitions anti char trop dangereuses pour être transportées

La présence de grosses munitions anti char sur place a nécessité le passage du service de déminage de la sécurité civile. Elles avaient été certainement jugées trop dangereuses pour être transportées par celui ou ceux qui avaient déjà exploré les lieux. Illégalement. « Ce genre de faits est considéré comme un délit », rappelle Thierry Heidmann, chef de secteur du patrimoine du Pôle des sépultures de guerre et de hauts lieux de la mémoire nationale. Reste que la mission du SESMA n’est pas terminée. « Nous n’avons pas récupéré tous les ossements, précise le chef de service. Il faudra encore que nous nous rendions sur place pour poursuivre les recherches. Le plus important serait de retrouver la plaque d’identification du soldat... D’après moi, elle s’y trouve encore. » Ce qui permettra de lui donner un nom et de rechercher sa famille, avant sa probable inhumation au cimetière militaire de Niederbronn-les-Bains. Un processus qui, généralement, prend plusieurs mois. Rien ne dit en outre que les fouilles ne révèlent pas la présence d’autres corps...

- Article DNA du 1er juillet 2016 / Photo : Mairie d'Oberhoffen-sur-Moder -

Légende photo : les élus locaux et la gendarmerie ont accompagné sur place les représentants du service d’entretien des sépultures militaires allemandes (SESMA) qui est basé à Niederbronn-les-Bains.