Les lanternes de Gérard Neth

La Maison rurale de l’Outre-Forêt a ouvert sa nouvelle exposition temporaire, « La magie de Noël à travers le monde fantastique des images lumineuses ». Gérard Neth y présente sa collection.

La magie de Noël s’installe chaque fin d’année à la Maison rurale lorsque le centre d’interprétation du patrimoine de Kutzenhausen fait étalage de jeux, de jouets ou d’appareils ayant émerveillé nos ancêtres par le passé. Cette année, la magie opère par le biais de la lumière des lanternes de Gérard Neth, collectionneur passionné et magicien de l’image et du cinéma.

De Léonard de Vinci à Walt Disney

Très jeune déjà, Gérard Neth s’intéressait aux techniques de la projection d’images. Au fil des années, il est devenu un collectionneur passionné et un expert en la matière. Ses recherches lui ont permis de rassembler 400 appareils, véritables merveilles, dont il connaît parfaitement l’origine et le fonctionnement, dans sa maison d’Oberhoffen-sur-Moder.
De Léonard de Vinci à Walt Disney, il présente avec enthousiasme et compétence toute l’histoire de la projection d’images, des lanternes magiques aux cinématographes. À la Maison rurale, il accompagne le visiteur à travers trois siècles de découvertes et présente, sur le thème de Noël, des courts-métrages pour petits et grands.
« La lanterne magique est l’aïeule des appareils de projection, indique le spécialiste. Elle permet de projeter des images virtuelles avant l’heure. Sa propre ancêtre, la “camera obscura” ou chambre noire, est créée au XVIe  siècle par Léonard de Vinci. Au XVIIe , le procédé évolue grâce à l’astronome Christian Huygens, et ce sont des images peintes sur des plaques de verre qui, grâce à la lumière d’une chandelle, d’une lampe à huile, pétrole ou acétylène, peuvent ainsi être projetées sur un écran. » Le premier instrument d’optique permettant la projection de lumière sur une surface plane est né !
En offrant un spectacle ambulant destiné à distraire les badauds, cet objet de curiosité, qui a parcouru le monde, a autant émerveillé qu’effrayé. « Les lanternes magiques ont d’abord été appelées “lanternes diaboliques” : les premières images de ce “pré-cinéma” étaient en effet destinées à faire peur », poursuit Gérard Neth.

Ce « pré-cinéma » était d’abord destiné à effrayer

Dessins scientifiques, images fantasmagoriques, spectres et monstres ou encore scènes de vie paysanne font de ces lanternes des objets parfois d’effroi, mais surtout d’émerveillement. Le succès est au rendez-vous, et d’objet scientifique, la lanterne devient un jouet qui vient animer les foyers au XIXe  siècle.
D’autres déclinaisons de lanternes magiques sont également présentées au fil de l’exposition : des jouets d’optique permettant l’anamorphose (la déformation de l’image) ou l’impression de mouvement, comme le zootrope ou le praxinoscope.

L’exposition « La magie de Noël à travers le monde fantastique des images lumineuses » est visible jusqu’au 31 décembre aux heures d’ouverture de la Maison rurale de l’Outre-Forêt, 1 place de l’Église à Kutzenhausen. Les dimanches 26 novembre et 3 décembre, Gérard Neth sera présent pour ses explications et démonstrations. www.maison-rurale.fr

lanternes nethGérard Neth explique le fonctionnement d’une lampe à acétylène avec quatre brûleurs
et tête en stéatite, datant du début du XXe siècle.

Article : DNA du 22 novembre 2017